

Danse
orientale : estime de soi et goût du spectacle
Ondulantes, buste offert, nombril en partage… Ce qui frappe, c’est le plaisir
de ces femmes bien en chair et fières de leur corps. Egyptienne, bédouine
ou berbère, les danses orientales célèbrent la féminité. Que vous soyez
grande ou petite, fine ou ronde, peu importe. Cette pratique accepte le
corps, quel qu’il soit. La danse orientale donne une chance de revaloriser
une image souvent négative. Au détour des gestuelles, l’estime de soi s’apprend,
dans le plaisir.
Il faut aussi montrer une certaine disposition au sacré. Dans nos sociétés
où l’on assiste à un effacement des rites, la danse orientale, destinée à l’origine à vénérer
la déesse de la Fertilité, peut combler ce manque. « Par la richesse de
ce langage, j’ai pu explorer tour à tour la coquette, la mère nourricière,
la sensuelle, la muse qui étaient en moi », raconte une danseuse. Cette
danse permet aussi d’exprimer l’artiste qui sommeille en nous. Les femmes
jouent le jeu du costume "sensualité et paillettes". Certaines vont l’acheter,
d’autres le fabriquer elles-mêmes.
Toutefois, évacuer ce qui nous entrave n’est pas toujours facile. Chemin
faisant, on apprend à se laisser aller et à faire onduler son corps en
douceur, de la cheville à l’arrondi des poignets. Très ludiques, les cours
permettent de conserver une certaine souplesse et d’acquérir une langueur
tout orientale.
La
danse orientale, en arabe « El
raqs el sharki », est un magnifique spectacle de
lumière et de paillettes, un mélange de grâce et
de sensualité, de mouvements subtiles en communion
avec la mélodie envoûtante de la musique et le
rythme entraînant de la tabla, du tambourin et
du aoud. La danseuse qui maîtrise cet art exprime à travers
son corps ses émotions et charme son public, faisant
virevolter ses voiles et tinter malicieusement
entre ses doigts ses cymbalettes. En Egypte, la
danse orientale existe depuis l’Antiquité, et ceux
qui pensent qu’elle risque un jour de disparaître
du pays ont tort, car la danse orientale coule
véritablement dans les veines des Egyptiens.
Il n’y a pas une
seule fête ou une seule cérémonie de mariage sans la
présence de la danse orientale. Sans prendre de leçon,
les jeunes filles s’en imprègnent naturellement depuis
leur plus jeune âge à la maison, en famille, en regardant
la télévision, et dès qu’elles se réunissent entre
elles ou se retrouvent dans une ambiance de fête posent
un
foulard sur leurs hanches et se mettent à danser.
Même
si le nombre des danseuses de cabaret a effectivement
baissé en Egypte, cela n’affecte en rien l’amour
que les Egyptiens portent à la danse orientale. Aussi
bien pour les hommes que les femmes, la danse orientale
reste toujours synonyme de fête, de gaieté et de
joie de vivre.
Certes, dans un pays musulman tel que l’Egypte, la danse orientale est parfois
critiquée surtout pratiquée dans des costumes trop dénudés ou quand une danseuse
se montre trop provocante car la frontière entre séduction et provocation
reste très mince en la matière.
En effet, la danseuse habile qui veut être appréciée dans un pays comme le
nôtre doit être très attentive à ne pas tomber dans la vulgarité et l’excitation
des désirs sexuels, dans ce cas uniquement elle dépasse la censure et peut
imposer son art et le transcender en toute liberté.
L’histoire de la danse orientale égyptienne est pleine de ces grandes artistes
qui ont été adulées et respectées en Egypte.
Je n’ai pu m’empêcher de prendre la photo ci-après d’une affiche dans une
grande salle de cinéma à Alexandrie car elle représente pour moi l’âge d’or
de la danse orientale égyptienne et du cinéma égyptien avec ses comédies
musicales filmées à la manière hollywoodienne.
Cette
affiche symbolise la grâce et la sensualité de
ces deux grandes divas de la danse orientale que
sont Samia
Gamal et Tahiya
Carioca.
Elles étaient rivales,
mais cela ne les a pas empêchées de travailler ensemble
dans un film intitulé «Habibi El Asmar», en français «Mon
beau brun, mon amour», où elles dansent côte à côte
l’instant d’une scène pour nous ravir et nous séduire.
Samia Gamal était une fille de la Haute Egypte, née en 1924 du nom de Zeinab
Ibrahim Mahfouz. Quand sa famille a émigré au Caire tout près de Khan El
Khalili, elle y a rencontré Badia Massabni, une femme d’origine Syro-Libanaise
qui détenait un cabaret à Gizeh au Caire. Elle l’avait embauchée dans sa
troupe et lui avait choisi Samia Gamal comme nom de scène, un nom qui lui
allait à merveille car le mot « gamal » signifie beauté en arabe.
Samia
Gamal incarnait en effet la beauté, le charme et
la volupté, elle devint non seulement une célèbre
danseuse mais aussi une grande actrice de cinéma.
Elle introduisit la cadence rapide de la musique
occidentale qu’elle appréciait beaucoup, dans la
danse orientale, et fut une brillante chorégraphe
novatrice. Danseuse préférée du roi Farouk, celui-ci
lui attribua le titre de «première danseuse nationale
de l’Egypte».
A l’écran, Samia Gamal forma avec Farid
El Atrache un couple indissociable
et mythique, ils interprétèrent ensemble plusieurs comédies musicales.
Je vous ai choisi un extrait du film « Afrita Haneim » qui signifie « Madame
la diablesse » où elle joue le rôle d’un génie sortant d’une lampe à huile
magique pour exaucer les vœux de Farid El Atrache.
Samia Gamal continua de danser jusqu’à l’âge de 70ans et décéda le 1er décembre
1994.
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Tahiya
Carioca, de son vrai nom Tahiya Ali Mohamed Karim
est née en 1915 à Ismaïlia. Elle aussi a émigré vers
le Caire avec ses parents à l’âge de douze ans et
a travaillé dans le cabaret de Badia Masabni. Le
style brésilien de ses débuts lui a valu le surnom
de Carioca, nom d’une danse brésilienne qu’elle aimait
tant reproduire sur scène.
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Avec
Tahiya Carioca, la danse orientale a atteint des
sommets inégalés, elle dansait sur des rythmes plutôt
lents et son style sensuel et plus populaire que
celui de Samia Gamal, s’est vu propulsé par une riche
carrière cinématographique, où elle a remarquablement
su marier l’art de la danse à l’art dramatique.
Tahiya Carioca a tourné plus d’une centaine de films, son rôle dans le film « chabab
imraat » qui signifie la « jeunesse d’une femme » a été nominé au festival
de Cannes en 1956. Le titre de ce film a été transposé en français par « la
Sangsue » car Tahiya Carioca y joue le rôle d’une femme fatale et de caractère
usant de sa féminité pour séduire un homme plus jeune qu’elle, jusqu’au point
de lui faire perdre tous ses repères.
Dans la
vie Tahiya Carioca était vraiment une femme de caractère
qui changeait souvent de mari, elle s’était mariée quatorze
fois, mais c’était aussi une femme passionnée et engagée
qui avait le courage de critiquer haut et fort ce qui
ne correspondait pas à ses idéaux en matière de politique.Elle
a terminé sa carrière en incarnant des rôles de mère
dans certains films et s’est égalementproduite au théâtre.
Elle s’est éteinte en septembre 1999 à l’âge de 79 ans.
L’extrait que je vous ai choisi vous donnera une idée de son style, il est
tiré du film « Habibi ElAsmar».
Une
troisième et célèbre danseuse «Naïma
Akef» a aussi marqué l’histoire de la danse
orientale égyptienne avec un style différent de celui
de Tahiya Carioca et de Samia Gamal, un style qui
a fait école en matière de chorégraphie, un style
basé sur la performance physique et la maîtrise totale
du corps.
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Naïma Akef est née en
octobre 1929, contrairement à ses deux consœurs elle
ne venait pas du monde des cabarets mais du milieu
du cirque que son grand-père avait fondé et qui portait
le nom de sa famille, «le cirque Akef». Naïma Akef était
la fille d’un couple de saltimbanques, elle travailla
avec ses parents dès l’âge de quatre ans comme acrobate
et devint plus tard la meilleure trapéziste de la
famille.
Au moment de la fermeture du cirque familial, Naïma Akef n’avait que quatorze
ans et se dirigea vers une carrière de danseuse. Son ambition l’aida à gravir
rapidement les marches de la gloire et à devenir une artiste complète et
polyvalente. Elle faisait tout avec brio, music hall, cinéma, théâtre, jouant
des rôles de femme espiègle avec son regard si malicieux.
Naïma Akef obtint le prix de la meilleure danseuse lorsqu’elle assista au
premier festival de la jeunesse à Moscou en 1956, sa photo figure parmi les
meilleures vedettes internationales au musée du Bolchoï.
L’extrait que je vous ai choisi tiré de son film «Tamr Henna» qui signifie
fleur de henné, où elle joue merveilleusement le rôle d’une gitane et danse
sur une musique composée par le grand musicien et chanteur Egyptien, Mohamed
Fawzy.
Malheureusement sa carrière fut tout aussi brève que sa vie, elle décéda
en 1966 des suites d’une maladie à l’âge de 37ans.
Actuellement, la danse orientale n’est diffusée que sur les chaînes privées égyptiennes,
mais elle s’épanouit encore à travers les troupes de danse folklorique. Au
théâtre, certaines comédies offrent aussi l’occasion d’assimiler des scènes
de danse orientale notamment interprétées par la danseuse la plus populaire
aujourd’hui, Fifi Abdou.
A
l’étranger, le monde entier s’intéresse à cet art,
des écoles se sont installées
un peu partout en Europe, au Canada et aux Etats Unis et des études ont été faites
pour analyser le sens des mouvements et connaître l’histoire et les origines
de cette danse.
Ecrivains et peintres célèbres ont accordé leur attention à la danseuse.
Le grand écrivain égyptien contemporain Ihsan Abdel Kodous (1919-1990) lui
a consacré deux de ses romans, le premier qui s’intitule « el rakissa wal
tabal » décrit l’étroite relation qui existe entre la danseuse et le musicien
qui l’accompagne au rythme de sa tabla. Le deuxième roman décrit le pouvoir
qu’exerçait une danseuse de renommée sur les hommes et plus particulièrement
dans le monde politique, il attire aussi l’attention sur le regard que porte
la société égyptienne sur la profession de danseuse. Le roman fut porté à l’écran
sous le titre « el rakissa wal siyassi » (la danseuse et le politicien).
Article réalisé par S.ISMAIL


Bollywood
est le nom donné à l'industrie
cinématographique indienne basée à Mumbai
(Bombay) et dont les films sont réalisés
en hindî et en ourdou. Il s'agit de la composante
la plus populaire du cinéma indien, le plus important
au monde en nombre de films tournés. Les films
de Bollywood, diffusés dans toute l’Inde,
s’exportent dans le monde entier, spécialement
dans les pays musulmans, comme l'Algérie, Tunisie,
Maroc, Emirats Arabes Unis, Pakistan...
Tout
d’abord il faut savoir qu’il
existe plusieurs genres de danses et musiques en Inde.
Nous pouvons les classifier en trois grands types :
Le
Bollywood – Le classique – Le folklore
Le terme Bollywood vient en fait d’une contraction
entre Bombai et Hollywood. Bombai (terme plus anglophone)
qui est devenu Mumbai (terme hindi) est en réalité la « capitale » du
cinéma indien. Un peu ce que représente
Hollywood pour les Américains. Le terme évoque à la
fois la danse et la musique. C’est une musique
moderne équivalant aux musiques anglo-saxonnes
par leurs rythmes entrainants.
Quant à la danse
elle n’a pas vraiment de pas spécifique,
au contraire c’est un mixte de tous les genres
indiens.
Le
Classique est à quelques différences
la même dans tout le pays.
Nous y trouvons le kathak, le Barathanathyam et d’autres encore.
Les films
Les
films tournés la plupart du temps en hindî comportent
généralement plusieurs numéros musicaux
et dansés. Ils ont leur propre logique interne
et peuvent être aussi irréalistes que les
films musicaux produits par les studios américains
ou européens. La musique, généralement
pré-enregistrée et mimée par les
acteurs (playback chantant), s'accorde avec précision
au scénario. Des chanteurs professionnels font
la post-synchronisation des voix mais on observe une
nouvelle tendance avec des acteurs chantant eux-mêmes
les parties chantées, comme Aamir Khan dans
Ghulam.
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